EDI versus Blockchain

EDI versus Blockchain

Qu’est ce que l’ EDI ?

L’EDI (Electronic Data Interchange) est l’échange d’ordinateur à ordinateur de documents dans un format électronique standard entre les acteurs d’un même secteur. Les documents EDI peuvent circuler directement vers le système d’informations approprié sur l’ordinateur du récepteur. En limitant les manipulations de documents avant traitement, les opérations sont réalisées plus rapidement et comptent moins d’erreurs. Les documents échangés le plus fréquemment via l’EDI sont les bons de commande, les factures et les avis d’expéditions.

Cette définition sommaire peut, en partie, expliquer les amalgames fréquents entre EDI et Blockchain. L’objet de ces deux écosystèmes est effectivement proche.

 

Blockchain et interconnexion.

Plus notre compréhension de la Blockchain augmente, plus l’écart se creuse.

La ligne de démarcation entre ces systèmes se dessine nettement lorsqu’on évoque les points suivants :

– L’interconnexion : alors que grâce à la Blockchain les interconnexions augmentent manière linéaire, l’EDI entraine une augmentation exponentielle du nombre d’interconnexions en fonctions du nombre d’acteurs.

– La mise en place : un système EDI nécessite une mobilisation lourde, à la fois en termes financiers et humains. En effet, l’installation d’un EDI rend quasiment inévitable le concours d’un prestataire externe. Lors de cette phase, le dialogue est initié entre l’industriel (le donneur d’ordres) et le prestataire EDI. Dans ce dialogue, une partie de ping-pong s’engage, avec le transporteur dans le rôle de la balle.

 

La technologie Blockchain ne nécessite pas de prestataire pour s’interconnecter. Autrement dit, la norme de connexion sur la Blockchain dans le monde du transport sera accessible à tous types de sociétés. La Blockchain fonctionne comme un intégrateur universel, garantissant de ce fait des échanges intelligibles et abordables et ce, peu importe la taille de la structure concernée. C’est cette notion d’accessibilité qui marque la première différence majeure avec l’EDI.

 

La démocratisation de la Blockchain pour tous les acteurs du transport est comparable à la popularisation d’internet. Ainsi, quel que soit le degré d’avancement technologique du transporteur ou de son donneur d’ordre, chacun peut bénéficier sans entrave d’un outil performant.

La complexité d’approche de l’EDI réside dans la difficulté de trouver une norme industrielle pour un format de données commun. Au cours de ces deux dernières décennies, les industriels se sont battus avec une normalisation EDI insuffisante, ce qui a clairement ralenti son fonctionnement à l’échelle mondiale. En outre, les transporteurs et transitaires utilisent des normes de code différentes pour l’origine et la destination, ce qui est une source d’erreurs assez courante.

 

Et la Blockchain alors ?

C’est sur ce point que la technologie Blockchain permet de se démarquer : le format universel proposé par celle-ci constitue un véritable levier pour améliorer les échanges entre les acteurs de la supply chain. Ce format permet la création naturelle d’un consensus d’usage, pour que l’ensemble des acteurs puisse accepter l’exécution de contrats dits « intelligents »  (Smart Contracts). A l’inverse, l’EDI intègre automatiquement ses fichiers pour la plupart, des formats propriétaires (payants).

 

Théorie vs cas pratique.

En théorie ainsi que dans l’imaginaire collectif, l’EDI est, de fait, sensé réaliser des actions de manière automatique, sans l’intervention d’une personne physique. La réalité terrain s’avère différente. Dans la majorité des cas, l’envoi d’un message EDI est réalisé manuellement. Il en est de même pour la réception et le traitement de l’information.

La technologie Blockchain et particulièrement l’exécution des Smart Contracts rendue possible par celle-ci permet de croiser les données entre l’OT et la CMR. L’objectif : une consultation simple et automatique des ordres de transport, des lettres de voiture, etc.

Au-delà de la simple consultation, le système est capable de vérifier si la demande a été réalisée selon les termes du contrat de transport et d’en authentifier les acteurs. Ce schéma est difficilement envisageable dans un environnement EDI.

La blockchain permet la création d’outils performants et innovants. En améliorant les fonctionnalités essentielles en termes de gestion, de suivi et de communication, elle s’inscrit comme un instrument d’optimisation et de développement dans les domaines du transport et de la supply chain. Les clients, les transitaires et les expéditeurs ont besoin d’une vision claire, immédiate via un outil naturellement collaboratif. C’est en cela que la technologie Blockchain apporte un changement majeur : apporter une documentation dématérialisée et intelligente, assurant sécurité et intégrité.

Pour conclure d’une manière plus imagée, l’EDI représente les innombrables types de piles, et la Blockchain le réseau distribué d’électricité.