Transformation digitale des PME, quel intérêt ?

Transformation digitale des PME, quel intérêt ?

Transformation/révolution digitale au sein des entreprises, de quoi parle-t-on ? Il s’agit de l’utilisation de toutes les technologies digitales disponibles destinées à améliorer ses performances et contribuer à la vision proactive des opportunités et des facteurs d’amélioration de l’entreprise.

Les PME sont incitées à innover pour garantir leur compétitivité. Néanmoins, toute innovation nécessite un investissement et donc une prise de risque qui n’en garantira pas forcément le succès. Cette problématique est d’autant plus spécifique à l ‘univers des PME. En effet, il serait erroné d’envisager les PME comme des versions réduites des grandes entreprises.

Au-delà de l’aspect financier, les PME doivent parfois faire face à une absence de compétences en interne qui peut constituer un frein considérable à l’innovation. Aujourd’hui, l’usage des outils numérique en interne au sein des PME reste faible : 11% contre 36% pour les ETI et les grandes entreprises. On note cependant que 78% des PME ont déjà engagé cette transformation numérique qui permettra le développement de nouveaux outils de performance (Source Eurostat). Le manque de savoir-faire technique est montré du doigt pour expliquer en partie cette différence d’intégration des outils digitaux.

Outils digitaux et systèmes intégrés

La digitalisation des PME ainsi que les investissements dans les outils digitaux et systèmes intégrés (ERP, CRM…) répondent principalement à trois situations :

  • La conduite de projets et de ressources
  • La gestion des connaissances
  • La gestion du travail collaboratif
Ces systèmes intégrés ont plusieurs rôles à jouer : permettre une meilleure compréhension du marché en facilitant les échanges avec les clients et analyser les sources de performance et d’inefficacité.

L’innovation au sein d’une PME doit être soutenue par le numérique. Toutefois, il est indispensable que cette évolution soit ciblée pour qu’elle puisse être source de performance. On n’informatise pas par principe, mais en visant des technologies spécifiques qui constitueront le socle innovant.

Reste à surmonter les difficultés de vision du retour sur l’investissement de l’évolution digitale au sein des PME. Sa mise en œuvre peut représenter un coût significatif pour l’entreprise, mais les bénéfices ne sont pas toujours visibles par tous les acteurs.

Rappelons également que plus innovant ne veut pas forcément dire plus performant. Spécialement lorsque l’outil choisi ne répond pas à une problématique clairement définie.

Quel(s) bénéfice(s) ?

Le coût de cette digitalisation est également perçu comme élevé, car ces technologies ont tendance à devenir obsolètes. En outre, elles permettent difficilement de se distinguer entre firmes. Les dépenses supportées par des structures telles que les PME dans le cadre de leurs activités d’innovation et de digitalisation ou de leur politique d’information sont effectivement élevées au regard de la taille de leur structure. Le risque étant d’impacter les résultats financiers de l’entreprise, sans pour autant se traduire par un bénéfice suffisant.

Les résultats de cette digitalisation ne peuvent pas toujours être valorisables ou quantifiables, surtout lorsqu’il s’agit de l’évolution de l’environnement de travail. Prenons l’exemple des quatre piliers de l’entreprise digitale :

  • La disparition des barrières spatiales et temporelles qui efface les distances entre les personnes
  • La possibilité de rester connecté en mobilité qui facilite notamment le télétravail
  • L’Internet des objets qui permet l’interconnexion permanente entre l’homme et l’objet grâce aux capteurs permettant l’automatisation des tâches
  • L’universalité d’Internet qui met à disposition des connaissances massives en temps réel

Parmi ces piliers, ciblons la disparition des barrières entre les personnes. Cette notion représente un apport considérable dans l’entreprise digitale telle que nous la concevons aujourd’hui.

Comment quantifier le retour sur investissement engendré ? C’est compliqué.

L’enjeu de cette digitalisation n’est pas seulement financier, il s’agit avant tout de créer un écosystème favorable au développement de l’entreprise. Dans le cas d’une PME, le travail consistant à effacer les frontières existantes entre les acteurs du marché (partenaire, client, supply chain…) ne permettra pas d’obtenir une valeur en euros du bénéfice engendré. Toutefois l’impact positif est certain sur la stratégie globale de l’entreprise. Si une PME dispose de données fiables et vérifiables (commandes, paiements, livraisons, gestion de projet et de ressources), elle disposera d’un avantage concurrentiel sur son marché.  Il s’agit là d’un véritable atout face aux sociétés de taille similaire mais également face aux sociétés de grandes ampleurs n’ayant pas su saisir l’opportunité offerte par la digitalisation des outils.

 

Pour conclure

Le lien négatif entre performance et digitalisation des firmes peut être justifié par la nature des technologies adoptées. Un fort taux d’informatisation des services présents dans l’entreprise passe le plus souvent par l’implémentation d’une technologie intégrative (par exemple, un ERP). Ce besoin a été, dans un premier temps, mal appréhendé par les techniciens. Son coût peut affecter à moyen ou à court terme les performances de la PME et être source de frustration lorsque l’outil en question n’est pas adapté. La création de valeur ne passe donc plus seulement par les bénéfices comptables mais également par la valorisation du capital immatérielle (process, équipe, benchmark, maturité S.I.).